Des platebandes fleuries adaptées aux sécheresses pour les pollinisateurs

En adoptant une approche co­ construite avec les parties prenantes locales et régionales, le projet européen URBLOOM (2026-2029), dont le Laboratoire Agronomie et Environnement (UMR LAE UL-INRAE) est le laboratoire porteur, va explorer dans neuf villes des platebandes fleuries créatives et résilientes visant à combiner attractivité pour les pollinisateurs, résistance à la sécheresse, et gestion durable pour une conservation efficace de la biodiversité urbaine.

 

Compte tenu du déclin mondial des pollinisateurs au cours des deux dernières décennies, des études récentes ont suggéré que les espaces verts urbains pourraient servir de refuges pour les pollinisateurs. Les plantes à fleurs ornementales peuvent attirer divers groupes de pollinisateurs, mais elles nécessitent un arrosage fréquent et peuvent ne pas bien s'adapter à l'effet d'îlot de chaleur urbain et au changement climatique.

Dans les villes européennes, les variétés de plantes proposées dans les catalogues sont souvent similaires d'une ville à l'autre, même si les conditions climatiques diffèrent, et ont tendance à privilégier la valeur esthétique au détriment des avantages en termes de biodiversité. Il serait donc important de modifier les pratiques de gestion florale, en impliquant les parties prenantes, des horticulteurs aux citoyens.

L’idée est donc d’explorer la possibilité de nouveaux types de platebandes fleuries créatives et résilientes, qui visent à combiner, attractivité pour les pollinisateurs, résistance à la sécheresse et gestion durable pour une conservation efficace de la biodiversité urbaine. Les citoyens seront interrogés sur leur perception et acceptation de ces nouveaux types de platebandes et des actions de sensibilisation autour des pollinisateurs et de leur observation seront faites par les spécialistes.

Utiliser les traits floraux pour concevoir les platebandes du futur

Pour cela, les partenaires mèneront des expériences dans les espaces verts publics de neuf villes européennes (France, Espagne, Suisse et Allemagne) représentant trois régions bioclimatiques. La démarche proposée est de travailler avec les parties prenantes locales en combinant écologie et sciences sociales pour favoriser un changement transformateur des platebandes urbaines. Les caractéristiques florales et leurs réponses à la sécheresse seront mesurées à l'aide de protocoles standardisés afin de garantir la comparabilité entre les villes. Le projet développera une approche non létale pour reconnaître et classer différents groupes de pollinisateurs, tout en impliquant activement un large éventail d'acteurs (gestionnaires et usagers des espaces verts urbains, citoyens bénévoles et groupes scolaires, par exemple) dans l'identification des pollinisateurs.

 

En fonction des résultats du projet, un changement important dans l'aménagement paysager urbain pourrait être mis en place et accompagné, en passant d'une approche traditionnelle axée sur l'esthétique visuelle à une approche fonctionnelle qui favorise la biodiversité et s'adapte aux conditions climatiques futures.

 

Contact : Alice Michelot-Antalik, coordinatrice du projet, professeure en agroécologie, Laboratoire Agronomie et Environnement (UMR LAE - Université de Lorraine / INRAE), alice.michelot@univ-lorraine.fr

 

Les partenaires du projet :

URBLOOM : « Transformer les platebandes fleuries pour l'avenir : utilisation durable et conservation des pollinisateurs »

 

  • Laboratoire Agronomie et Environnement (UMR LAE Université de Lorraine - INRAE )
  • Evolution-Ecology-Palaeontology Lab, University of Lille-CNRS, Lille, France
  • Institute of Ecology and Environmental Sciences of Paris, Paris, France
  • Research Centre in Biodiversity and Environment, University of Toulouse-CNRS, France
  • Population Environment Development Laboratory, Aix Marseille University, Marseille, France
  • Urban Productive Ecosystems, Technical University of Munich, Munich, Germany
  • Basque Centre for Climate Change, Leioa, Spain
  • School of Engineering, Architecture and Landscape of Geneva (HEPIA), HES-SO - University of Applied Sciences and Arts Western Switzerland
  • Museum für Naturkunde – Leibniz Institute for Evolution and Biodiversity Science, Berlin, Germany
  • Centre for Ecology and Conservation Sciences, Natural History Museum, Paris, France
  • The Mediterranean Institute of Biodiversityand Marine and Continental Ecology, Aix Marseille University, Marseille, France

 

 

Les 9 villes européennes impliquées :

Paris / Villeneuve d’Ascq

Nancy / Berlin / Munich

Genève

Toulouse / Marseille / Vitoria-Gasteiz